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En attendant la prochaine sortie des "Chroniques des Actes de l'Agora", voici quelques éléments de synthèse sur certains événements qui se sont déroulés sur l'Agora au cours du 76e Congrès national de l'USH.

L'accueil de l'Agora

URO Habitat en force au 76e Congrès HLM à Montpellier

 

Dans le cadre du 76e Congrès HLM à Montpellier, l’Union Régionale des Organismes HLM du Languedoc-Roussillon (URO Habitat) a réuni trois jours durant sur un stand de 800m², tous les acteurs régionaux de l’habitat. Un rendez-vous riche en échanges et propositions.

 

C’est un beau challenge  que celui réussit par Joseph Vidal et Denis Rey, les Président et Directeur d'URO Habitat. L’association régionale qui s’inscrit depuis quinze ans dans une démarche novatrice avec la création du « Réseau régional des acteurs de l’habitat », a démontré, si besoin était, le dynamisme de ses partenaires. L’Agora, un espace de 800m² au cœur du Congrès est devenu le lieu incontournable d’échanges, de réflexions  et de propositions en marge de l’Assemblée Plénière.

 

Crispations

 

Dans un contexte tendu  d’accroissement des besoins en logement sociaux et de déficit de foncier, l’association, qui travaille sur le terrain avec l’ensemble des acteurs régionaux a affiché ses ambitions : positionner Montpellier comme pôle de compétence « Habitat »  et comme portail d’entrée sur la mer de la future Grande Région. La culture au cœur du logement, la politique foncière régionale en faveur de l’habitat, se loger quand on est jeune, le besoin en logement à l’horizon  2030, ou habiter en Méditerranée… sont quelques-unes des thématiques abordées pendant ces trois jours.

 

Echanges constructifs

 

Pour débattre, les principaux acteurs publics et privés des quatre coins de la Région, ainsi que des intervenants de notoriété nationale, se sont succédés durant ses 3 journées. Ensemble ils ont exposé le contexte, les freins et les propositions aux problématiques de l’habitat social en Languedoc-Roussillon. L’occasion de rappeler à la veille de la fusion des régions, la politique volontariste entreprise des  2004 par Georges Frêche alors président de Région en faveur du logement social et poursuivi aujourd’hui par Damien Alary. L’occasion aussi de rappeler l’enjeu que constitue  le maintien du modèle français de logement social « afin de construire  plus, mieux et autrement. De construire  partout et pour tous », comme le résume Denis Rey. Un leitmotiv soutenu  par l’ensemble du réseau développé par URO Habitat Languedoc-Roussillon qui a fait ici, preuve de son unité et de sa qualité, pour faire demain de belles choses dans la Grande Région. 

 

Frémissement

 

En marge de ses tables rondes, URO Habitat a ouvert son espace à la culture comme élément fort de l’ « Habitabilité » à travers les spectacles de Jörg Müller et d'Hamid El Kabouss, mais aussi, à la jeunesse, en remettant les Trophées de l’architecture de l’Agora à des étudiants de 3e année de l’ENSAM,  pour leurs projets sur le logement social de demain.

Au 1er semestre 2015 un  léger frémissement, dans la reprise de la construction de logement, s’est fait sentir poussé par l’aide de l’Etat à la pierre ( le zonage, le PTZ, le maintien de l’APL Accession, le renforcement de la loi SRU et la libération de foncier par la vente du patrimoine d’Etat). La Région Languedoc-Roussillon compte bien s’imposer comme  le modèle qui marche de « l’habitat méditerranéen » avec ses spécificités en  matière de mode de vie, de climat et de contraintes. Une ambition clairement affichée pendant ce Congrès face à la Ministre Sylvia Pinel et lors de la venue du Président François Hollande. Une ambition démontrée par URO Habitat à travers son Agora

 

Joseph VIDAL, Sylvia PINEL, Stéphanie JANNIN, Damien ALARY et Kléber MESQUIDA inaugurent l'Agora

Inauguration

 

L’Union Régionale des Organismes HLM du Languedoc Roussillon s’affiche en grand

 

Une Agora, un plateau télévisé, de nombreuses tables rondes, des dizaines d’invités, un stand de 800m², les 31e Rencontres Interprofessionnelles Régionales, les trophées de l’architecture de l’Agora, l'Habitat Malin Itinérant, et des animations culturelles, le 76e Congrès HLM à Montpellier aura permis à l’URO Languedoc-Roussillon de faire briller la force et le dynamisme de son réseau.

 

Pour les 40 ans de l’Union Régionale des Organismes HLM du Languedoc-Roussillon, Joseph Vidal , son président et Denis Rey, son directeur ont vu les choses en grand. Le réseau des acteurs de l’habitat qui compte aujourd’hui  50 partenaires officiels, 30 organismes HLM de la Région et plus de 700 acteurs engagés dans l’acte de bâtir, ont unis leur force pour mettre en avant les potentiels et le savoir-faire de l’habitat en Languedoc-Roussillon. Trois jours durant, l’URO LR a multiplié les occasions d’échanges et de débats sur les sujets cruciaux du logement social. Face à la difficulté d’acquisition foncière et la pression démographique sur notre région, l’enjeu est fort autour du maintien du modèle de logement social français. Aide à la pierre, aide au logement, les besoins du Languedoc-Roussillon, de sa population et des entreprises de l’habitat sont immenses.

 

Une future région pilote de l’habitat ?

 

Damien Alary, le Président de Région, a sur ce point assuré la continuité de la politique initié en 2004 par  l’ancien Président de Région Georges Frêche en finançant le logement social. 15 millions d’euros par an d’aide à la pierre ont été investis, mais qu’en sera t’il demain avec la Grande Région?

Profitant de l’événement, Damien Alary a annoncé en présence de Sylvia Pinel, Ministre du logement, de l'égalité des territoires et de la ruralité et de Jean-Louis Dumont, président de l'Union Sociale pour l'Habitat, son souhait « que la future grande région reste pilote sur l'habitat en renforçant son action sur la production de logements neufs, 15 000 logements sociaux neufs par an me paraît une bonne base pour démarrer, mais aussi que la grande région soit pilote dans le foncier en confortant cet outil exemplaire qu'est l'EPF ».

La Région Languedoc-Roussillon a ainsi d’ores et déjà contribué au financement d'environ 30 000 logements sociaux pour 110 M€ d'investissements. En effet, la région est pionnière dans le secteur foncier avec la création, en 2008, de l'Etablissement Public Foncier (EPF) qui a permis de passer des conventions avec plus de 90 communes et groupements de communes, représentant un potentiel de 47 000 logements et 200 M€ d'engagements financiers.

 

La puissance de l’engagement militant

 

Jean Louis Dumont, Président de l’Union Sociale pour l’Habitat, a félicité Denis Rey pour la qualité des intervenants autour de cette Agora. Il a rappelé l’importance de l’engagement militant et bénévole dans ce combat pour le logement social.

De son côté Kleber Mesquida  pour le Conseil départemental et Stéphanie Jannin pour la Métropole et la ville, ont rappelé les politiques ambitieuses et volontaristes engagées par leurs institutions respectives.

Enfin, la ministre Sylvia Pinel a salué le dynamisme de l’Union Régionale des Offices HLM du Languedoc-Roussillon « qui fédère l’ensemble du monde HLM dans ce territoire pour que le logement social devienne une réalité dans sa répartition et offre un logement accessible et abordable, un logement pour tous ». Elle en a profité pour pointer du doigt les obstacles à dépasser : le prix du foncier dans les zones tendues, les contraintes techniques du littoral,  mais aussi le caractère volontaire de la région et le dynamisme et l’engagement de ses acteurs.

 

Pour clore cette inauguration, qui marque l’anniversaire des 40 ans de l’URO et des 15 ans de la création du Réseau des acteurs de l’habitat, un mur de selfies des personnels des organismes d’HLM du Languedoc-Roussillon a été dévoilé, car, comme le dit Denis Rey :  « C’est la valeur ajoutée apportée par les qualités des uns et des autres mises en convergence, qui permet de faire de grandes choses pour une grande cause nationale ».

Un immense succès pour cette première table ronde !

« Loger et habiter : cultures vécues et cultures partagées »

 

Dans le cadre de la 1ère table ronde organisée sur l’Agora d’URO Habitat Languedoc Roussillon pour le 76e Congrès National HLM, la culture au travers de l’art de se loger et de l’art d’habiter était à l’honneur.

 

Comment rendre un territoire habitable ? Comment la culture peut permettre la réappropriation du lien social, familial ? Quelle est la place de la culture ?

« C’est Claudine Frêche, la directrice d’ACM Habitat , grand bailleur social de la ville de Montpellier qui a initié cette idée de mettre la culture au sein des réflexions sur l’habitat social», explique Denis Rey, le Directeur d’URO Habitat. La culture sous toute ses formes, qui s’est exprimée en partie ces dernières années à Montpellier par le biais des ZAT, Zones Artistiques Temporaires. Ces manifestations qui se déroulent dans la ville ont pour ambition de rapprocher culture institutionnelle et quartiers, comme le confirme Robert Cotte le président d’ACM Habitat : « Le lien entre logement social et culture ne va sans doute pas de soi et pourtant…. La culture c’est un héritage, mais c’est aussi un projet. Les ZAT réussissent à incarner à travers un événement  la mixité sociale et générationnelle ».

  

La ville est un art

 

Michel Miaille, professeur émérite de droit et de sciences politiques et président du CA de Montpellier Danse, a rebondit en rappelant que la ville était un art en soi dans la construction de son mode de fonctionnement, mais qu’elle était aussi, un lieu d’habitude, un lieu artistique de liberté  « Nous avons beaucoup d’incertitude sur ce que seront les villes dans le futur, mais nous savons qu’elles resteront un lieu de construction artificiel, un espace d’intelligence collective, un territoire urbain valorisant les espaces communs et  favorisant une vie démocratique, musicale et culturelle ».

Une ville au service de la libération des cultures, voilà un projet ambitieux pour l’ensemble des pouvoirs publics et des acteurs de la construction.  Mais, créer les conditions d’un « habitat habitable » comme le nomme Claudine Moïse, Professeur des Universités à l’Université Grenoble 3, ce n’est pas seulement une question d’habitude, c’est aussi le résultat d’un désir d’habiter un lieu : « Ce qui fait que l’on est bien quelque part, c’est la possibilité offertes. Possibilité de mobilité, possibilité de bénéficier de pratiques récréatives sur ce lieu de vie, mais aussi d’espaces de convivialités ».  Dans ce contexte, les pratiques culturelles et artistiques sont un élément important de l’habitabilité.

C’est la possibilité offerte aux habitants, de s’approprier, s’ils le souhaitent les espaces d’exposition, de rencontres et d’échange. Une démarche partagée par Luc Braemer qui a dirigé pendant plus de 15 ans le Théâtre Jean Vilar dans le quartier de la Paillade à Montpellier : « C’est aux gens de s’approprier la culture et les lieux de culture. Un théâtre est ouvert, vient qui veut. Il offre l’Universalisme, c’est-à-dire, la possibilité de s’échapper à sa condition».

 

L’homme sujet agissant

 

 C’est donc l’homme qui doit être mis au centre des réflexions et des actions publiques. La participation pleine et volontaire de celui-ci aux espaces de réflexions, de dialogue et de culture en tant que « sujet pensant » comme le rappelle Patricia Carrette, Directrice de l’Association Via Voltaire. Bien entendu, culture et politique sous-entendent des engagements fianciers au soutien d’une volonté politique. En 2004, sous l’impulsion du Président de Région Georges Frêche, puis de Christian Bourquin et aujourd’hui de Damien Alary, la région Languedoc-Roussillon a mené une politique très volontariste de création de lieu de rencontres culturelles partout sur le territoire comme le rappelle Josiane Collerais, Vice-présidente du Conseil régional Languedoc-Roussillon : « Il y avait de trop nombreux déserts culturels, nous avons développé un maillage du territoire parce que la culture c’est le lien social. L’artiste est le 1er acteur qui donne du sens et de l’émotion. Un projet culturel est un acte de médiation et c’est ce que défend le président Damien Alary pour notre Région ».

 

Une table ronde riche et de haut niveau pour débuter cette Agora et que conclut  Michel Miaille en rappelant la nécessité de penser désormais  sans séparer les choses mais «  en privilégiant le meilleur de ce que l’homme peut produire pour le plus grand nombre ». De bons augures pour la suite du Congrès !

Thierry REPENTIN et Jean-Claude GAYSSOT avec Pierre-Paul CASTELLI

Les politiques foncières régionales en faveur de l’habitat

 

La disponibilité foncière est la question centrale de la construction de logement. Ce préalable à toutes opérations d’aménagement concourant à la production de logement nécessite la définition de stratégies foncières bien pensées et d’une volonté politique d’application de la loi SRU qui fête ses 15 ans cette année.

 

« La loi SRU est l’histoire d’un combat pour la cohésion sociale, pour le vivre ensemble, elle proposait en définitive une nouvelle vie urbaine », celui qui parle de cette loi avec tant de passion, n’est autre que son auteur Jean Claude Gayssot, ancien ministre de l’équipement, des transports et du logement, ancien député et vice-président de la Région LR. Complétée par Cécile Duflot, la loi impose aujourd’hui une construction de logements sociaux à hauteur de 25% dans les zones tendues « une bonne chose » pour son fondateur.

Il faut dire qu’avec 1 800 000 millions demandes en attente, la situation est critique : « Cette loi a posé un principe républicain et personne ne devrait se sentir exclu de l’accès au logement du simple fait de ses revenus, réagit Thierry Repentin, Président National de la CNAUF ( Commission Nationale de l’aménagement de l’Urbanisme et du foncier), la loi a déjà permis de créer de très nombreux logements sociaux en provoquant une prise de conscience des élus il y a 15 ans , mais nous devons aller plus loin».

Il y a aujourd’hui 1022 communes qui ont un plan de rattrapage pour se mettre dans les clous de la loi et si la grande majorité des élus est volontaire, 222 communes sont clairement réfractaires : « Nous allons adapter les textes afin que, dans ces cas, complète Thierry Repentinl’Etat se substitue aux maires défaillants en débloquant des terrains, signant des permis de construire et en allant chercher des logements vides ».

Toutefois, pour certaines communes le respect de la loi est problématique, elles seraient favorables à une territorialisation de la loi SRU : « Sur l’agglomération, explique Frédéric Lacas, Président de l’Agglo de Béziers Méditerranée, nous avons une politique volontariste d’acquisition foncière, nous investissons beaucoup et notre OPH aussi, mais, la loi SRU devrait prendre en compte les contraintes de certaines communes du littoral dont les marges d’action en matière de foncier sont très limitées ».

 

Les actions de l’Etat

 

De son côté, l’Etat  agit  activement pour libérer du foncier. En vendant à un prix minoré une partie de son patrimoine afin de permettre aux collectivités et aux opérateurs de logement sociaux de monter des opérations, il aura engendré, d’ici la fin de l’année, 50 à 60 opérations. Les derniers chiffres de l’INSEE concernant la région Languedoc-Roussillon confirme la nécessité de continuer la construction de logement sociaux et pas seulement dans les grandes agglomérations, mais aussi dans les inter-communalités et le long des axes routier où la poussée démographique s’intensifie. Avec une croissance de 1% de sa population chaque année par le jeu des migrations, 20 000  logements nouveaux sont nécessaires chaque année dans la Région. Les projections pour les années à venir ne font que confirmer ces perspectives, que l’on se place à l’échelon de la Région actuelle, ou de la future Grande Région qui accueillera 55 000 nouveaux habitants chaque année. En parallèle, le besoin en logement sociaux ne faiblit pas dans un bassin, où, 20% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

 

Mettre les forces en commun

 

Alors, comment établir des partenariats locaux entre chaque acteur ? et  comment pratiquer, partager et développer les politiques foncières ?

Toutes les composantes doivent être appréhendées en même temps : objectifs, programmes, outils et partenaires. Une démarche qui nécessite des compétences multiples et très techniques impossibles pour les petites communes  comme l’explique Alain Perea, Vice-Président du Grand Narbonne, et maire d’une commune de 450 habitants : « La stratégie foncière est difficile à mettre en place pour les petites collectivités car il faut la voir par le prisme de l’habitat, mais aussi de l’agriculture  et des inondations. Pour y parvenir,  Il faut un équilibre entre l’approche technique qui est apportée par les inter-communalités et l’approche de proximité, plus politique portée par la commune».

 

Le rôle essentiel des EPF

 

Par ailleurs, avec la nécessité d’acquérir du foncier, l’aide précieuse des EPF soutient l’effort des communes : « Il est difficile pour les communes  de maitriser financièrement l’acquisition du foncier, commente Robert Alric, Président de l’OPH Audois, Vice-Président de l’EPF LR. Le partenariat entre le bailleur social et l’EPF permet de maitriser  le foncier, ce qui est fondamental sur un département rural comme l’Aude ».

Un autre souhait a été formulé par Frédéric Lacas, Président de l’Agglo de Béziers Méditerranée, « que les EPF interviennent plus sur les zones difficiles que sur les ZAC ».

Dans tous les cas, tous ont reconnu le rôle fondamental joué par les EPF pour accompagner les collectivités dans leurs acquisitions foncières comme le prouve cet exemple à la Réunion : « Une nouvelle écocité avec une démarche de développement durable va voir le jour à la Réunion. Pour acquérir les terrains, le partenariat avec l’EPF est indispensable, car l’acquisition du foncier se chiffre à 45 millions d’euros », conclut Jean Louis Grandvaux, directeur de l’EPF de la Réunion.

 

On le voit, la politique foncière des régions, aujourd’hui et encore plus demain avec les Grandes Régions, est une question clef que se devait d’aborder l’Agora d’URO Habitat.

JC.DEPOISIER, Président de la CERBTP et P.de BOUSQUET de FLORIAN, Préfet de Région

Les petits déjeuners de la Cellule Economique Régionale du Bâtiment en Languedoc-Roussillon (CERBTP-LR)

 

Une légère reprise et beaucoup d’inquiétudes

 

Pour ce 2e jour de rencontres sur l’Agora d’URO Habitat, la Cellule Economique du Bâtiment en Languedoc-Roussillon tenait son petit déjeuner sur un thème cher à URO Habitat. Les acteurs du logement du Languedoc Roussillon se sont montrés plus motivés que jamais et constituent une véritable force de proposition à destination des pouvoirs publics.

« Nous devons construire plus, mieux et autrement », annonce Denis Rey, le Directeur d’URO Habitat et signataire d’un partenariat avec la Cellule économique afin de relayer le plan de relance du gouvernement auprès de tous les acteurs.  Bien que les derniers chiffres  publiés montrent un frémissement, la prudence semble de mise.

 

Une légère reprise

 

Aujourd’hui tout  le monde s’accorde  sur la qualité du plan de relance : «Un engagement fort pour soutenir la filière et  participer à la rénovation énergétique», rappelle le Préfet Pierre de Bousquet de Florian. Les actions coordonnées commencent d’ailleurs à porter leurs fruits. Pour Xavier Eudes Directeur adjoint à la DDTM34 l’impact du Prêt à Taux Zéro pour l’accession à la propriété et les bienfaits de son extension depuis janvier 2015 aux communes rurales sous condition de rénovation de l’habitat sont indéniables : « En 2014, plus de 2000 prêt à  taux zéro ont été effectués  dans la Région. Avec l’élargissement ce sera le double. C’est un effet levier significatif tout comme  l’abaissement de la TVA pour les primo-accédants sous condition de ressource à 5.5%».

Autre élément déterminant du plan de relance, les dispositifs de zonage : « Grâce au PTZ et au zonage il y a de vrais résultats sur les ventes de résidences principales confirme Xavier Bringer, Président Régional de la Fédération des Promoteurs Immobiliers. Cependant, les entreprises ont besoin pour se relancer du retour de l’investissement institutionnel, de la baisse de la taxation du logement pour l’accédant à la propriété, d’une simplification des normes et d’une réduction des délais d’autorisation d’urbanisme »

 

Les inquiétudes

 

La Région est actuellement sur des niveaux de construction identiques aux années 2000. Pour Jacques Baghi, directeur de la Cellule Economique : « Les effets de la relance se ressentent sur le niveau de commercialisation qui se redresse depuis 9 mois. Entre 2010 et 2015, le niveau de construction est en adéquation avec le niveau de besoin, mais  avec de grandes disparités car l’Hérault concentre à lui seul 56% des constructions de logements  et 71% sur le logement  collectif».

Parmi les craintes des professionnels la perte d’emploi et l’accroissement des dépôts de bilan. En cause, l’importance des délais pour obtenir des autorisations, les freins et barrières pour rendre les logements intelligents ou les offres dangereusement basses qui tirent les prix de façon catastrophique vers le bas. Un situation expliquée en partie par les travailleurs détachés selon Patrick Ceccoti, Président de la FFB 34 et Eric Affortit, de la CAPEB :  « Cette main d’œuvre moins chère échappant aux poids écrasant de charges françaises est terrible pour les entreprises françaises et pour ces travailleurs ».

En cause aussi,  la disponibilité foncière comme le confirme Hervé Vanaldewereld, Président régional du SNAL : « De nombreux élus sont frileux en raison du manque de ressource, de l’envi d’être réélu et de l’hostilité face au développement de logement sociaux. D’autre part, il faut du foncier disponible mais avec un code de l’environnement de plus en plus contraignant le montage des opérations est très complexe. Enfin, il faut des banques volontaires pour financer et prêter».

 

Une belle vitrine

 

Pour parvenir à remplir la feuille de route gouvernementale fixant à 8000 le nombre de nouveaux logements par an dans le région, il faudra une grande volonté des acteurs institutionnels comme le rappelle Denis Rey , directeur d'URO Habitat : « Grâce à George Frêche qui en tant que Président de Région avait rué dans les brancards en 2004, nous étions passé de 2000 à 5000 logements par an. Aujourd’hui il faut bâtir de l’habitat social, intermédiaire, du collectif, de la résidence privée, de luxe, pour les séniors et les jeunes. Montpellier est un très bel exemple et doit rester la locomotive de la région. Il faut cesser d’être frileux.».

Une frilosité que l’on ne peut imputer à la capitale régionale et à sa métropole comme le rappelle Stéphanie Jannin, Adjointe à la ville, déléguée à l’urbanisme à l’aménagement durable : « Nous avons décidé de préserver 2/3 des espaces naturels et d’en libérer 1/3 pour les besoins du développement économique et du logement. Nous devons couvrir toute la palette du logement et surtout promouvoir un logement abordable en insistant sur l’accession intermédiaire pour permettre aux ménages de sortir du logement social et de devenir propriétaire. Les chiffres sont encourageants au 1er semestre 2015 avec +75% ventes et +75% de mise en chantier ».

Le mot de la fin comme un cri du cœur de l’ensemble de la profession revient à Denis Rey «  Ne foutez pas en l’air ce modèle qui marche. Montpellier doit rester le portail d’entrée sur l’arc méditerranéen de la Grande région, la vitrine de « l’habitat en Méditerranée »

 

Retrouvez "Des paroles aux actes...", synthèse des petits déjeuners 2014-2015 de la CERBTP-LR.

Les 3 lauréates, leurs professeurs et les organisateurs de ce concours.

Remise des Trophées de l'Architecture de l'Agora : Les architectes de demain à l’honneur

 

C’est un des beaux moments des rencontres organisées par Uro Habitat pendant le 76 ème Congrès HLM à Montpellier. Mercredi 23 septembre, 3 étudiantes de l’Ecole d’architecture de Montpellier se sont vues remettre un prix pour la qualité de leur travail sur le Logement Social.

 

« Je suis très heureuse et je remercie l’école et mes professeurs pour cette belle expérience ». Mélina Brashi, Juliana Bedoya Hoyos et Virginie Sabin, respectivement 1er, 2e et 3e prix ont reçu le Trophée de l’architecture de l’Agora.

 

Un concours organisé grâce au partenariat entre la Caisse des Dépôts et Consignation, URO Habitat et l’Ecole Nationale Supérieure d'Arachitecture de Montpellier (ENSAM). « Nous tournons notre regard vers l’avenir, explique Denis Rey Directeur d’URO Habitat, à l’initiative du projet. Le travail fourni par les 120 candidats est époustouflant ».

Un pari pour le directeur de l’ENSAM Alain Derey :  « Nous avons demandé aux étudiants de 3e année avec l’accompagnement de leurs professeurs de réfléchir et de construire des projets sur l’habitat collectif. Ces Trophées  sont une belle reconnaissance de la qualité de leur travail».

Les trois étudiantes qui se sont distinguées parmi plus de 120 candidats ont été récompensées en recevant une médaille, mais aussi un chèque d’un montant de 500 à 1500€  de la part de la Caisse des Dépôts et Consignation partenaire de l’opération : « La thématique de l’innovation architecturale nous interpelle, explique Odile Renaud Basso, Directrice Générale Adjointe, Directrice des Fonds d'épargne. Créer des bâtiments qui s’adaptent aux évolutions du monde nous parait très important. Aussi,  nous avons été extrêmement impressionnés de la qualité des réflexions et des projets présentés et nous sommes fiers d’avoir accompagné cette initiative ».

La 31e Rencontre Interprofessionnelle Régionale

La 31e Rencontre Interprofessionnelle régionale

 

Les Rencontres Interprofessionnelles Régionales fêtent leurs 10 ans à l’occasion de la table ronde de clôture du 76e Congrès des HLM à Montpellier sur la thématique de l’Habitat Méditerranéen organisée par URO Habitat, en partenariat avec la DREAL, l’ADEME er la Région Languedoc-Roussillon.

 

« Quand on parle de l’habitat on prend en compte l’évolution de la famille, l’évolution économique, l’évolution des techniques et aussi les climats et les paysages urbains. Les logements sont des matières 1ère  de ces différences et nécessitent à ce titre une approche territoriale » ; Dans cette phrase Jean-Claude Driant, géographe et professeur à l’Institut d’Urbanisme de Paris, résume la richesse des sujets abordés lors de cette matinée d’échange en cette matinée de Clôture de l’Agora d’URO LR.

 

Les modes de vie changent

 

Le constat sur l’évolution  des modes de vie a permis de poser  le contexte complexe qui s’impose à ceux qui créent l’habitat de demain. Après avoir évoqué les inégalités dans l’accès au logement selon les régions, Monique Eleb, professeur à l’Ecole d’architecture ENSA Paris Malaquais a rappelé l’évolution de la famille modale ( père/mère/ enfant) qui ne représente plus que 46% de la population dans notre Région contre 36% de célibataires, 9% de divorcés, et 8% de veufs. Cet éclatement de la famille se répercute sur la façon dont on conçoit les logement, au côté d’autres éléments comme le développement du télé-travail ( 25% de la population occasionnellement, 10% tout le temps)  et l’augmentation des cohabitations. Tout ces éléments impliquent des logements avant-gardistes, prenant en compte des mutualisations, des flexibilités, des jardins en toiture, du coworking : « Il faut créer des logements qui permettent à toutes les configurations de famille de se loger.... à l’opposé de la tendance actuelle de banalisation d’un modèle standard entre la crise du foncier,  la pression sur le prix et les surfaces qui se réduisent de plus en plus. Plutôt que faire du logement qui correspondent aux règles mais à aucun mode de vie, il faut faire l’inverse ».

Une charge portée contre les réglementations trop contraignantes qui brident la créativité, l’initiative, l’innovation et l’adaptabilité intelligente reprise par de nombreux intervenants. Mais pour Philippe Madec, architecte urbaniste, membre de l’académie d’architecture social, il ne faut pas désespérer de faire changer les règles qui ne sont plus adaptées : « Il  est tout aussi  important de  faire évoluer les normes que de développer une architecture participative incluant les habitants »

 

Construire et réhabiliter en Méditerranée

 

Jean Paul Volle professeur de Géographie Urbaine à l’Université Montpellier III précise ce qui selon lui constitue des éléments déterminants de l’habitat en méditerranée : « En quoi ce milieu peut rajouter à la façon de produire du logement ? Y aurait-il un comportement citadin spécifique au bassin méditerranéen et y aurait ’il un supplément culturel, une autre façon de voir les choses ? ». 

Avec une hausse prévue des températures, la multiplication d’épisodes de sécheresse et de pluies violentes, comme l'a rappelé Nicolas Bériot, Secrétaire général de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique, le climat méditerranéen impose pour l’architecte italienne Anna Maria Pozzo, un habitat adapté. Elle  rappelle le bon sens passé concernant le mode de vie dans les pays du Sud : « Il faut pouvoir s’isoler de la chaleur et vivre de façon très libre en extérieur en même temps. Il faut reprendre ces idées ancestrales mais avec les outils technologiques d’avant-garde d’aujourd’hui et de demain ».  Travail sur l’aridité, sur les jardins partagés, sur les matériaux isolants, sur la réintroduction des sols vivants et le renforcement des exigences concernant le confort d’été des bâtiments…telles sont quelques-unes des idées avancées par les autres intervenants, Francisca Cabrera Marcet, Jacques Brion, Simone Bascoul et Robert Alric .

 

L’habitat social en méditerranée un modèle ?

 

« Jusqu’à présent, rappelle Jean-Paul Volle, on fonctionnait sur des moyennes, il faut aujourd’hui fonctionner sur des extrêmes de climat pour bien construire».

La Région Languedoc-Roussillon a depuis 2009 établit un Plan Climat pour développer la construction de bâtiment économe en énergie au côté de l’ADEME et grâce à la démarche Envirobat BDM  ( Bâtiment Durable Méditerranée) une association interprofessionnelle créée en PACA et qui se développe en Languedoc-Roussillon : « Le maitre d’ouvrage dans la commande doit prendre ses responsabilités pour donner l’impulsion dès le cahier des charges afin que les gens de terrain proposent des solutions performantes et innovantes. Nous sommes là pour accompagner les maitres d’ouvrage et maitres d’œuvres », rappelle Florence Rosa, Présidente Envirobat BDM.

Pour Bernard Oliver, président  d’ARA HLM PACA, deux éléments sont indispensables : le travail avec le BDM et  l’impulsion  nécessaire donnée par le maitre d’ouvrage : « Les bailleurs sociaux sont novateurs depuis de nombreuses années dans la conception de leurs bâtiments car ils ont un objectif de pérennité et le souhait de rénover le plus tard possible ». Une volonté qui rejoint celle des habitants désireux de logements économes en énergie. Mais cela ne suffit pas : encore faut que les habitants soient formés à l’utilisation économe de leur logement.

Alors oui, pour Denis Rey Directeur d’URO Habitat, les bailleurs sociaux sont un modèle dans leur proposition d’habitat durable : « Il y a longtemps que nous avons relevé le défi, mais aujourd’hui nous devons frapper plus fort  afin qu’au plus haut niveau de l’Etat on comprenne que le logement est une cause nationale ».

Il semble qu’il ait été entendu !


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